La dévotion à la Vierge de Rocamadour sur le Camino

La dévotion à la vierge de Rocamadour, se transmit sur le camino, par les nombreux pèlerins venant de France et de toute l’Europe elle est depuis la plus représentée sur le Camino reliant Roncevaux à Compostelle on la trouve tout au long du Chemin au travers de retables, statues, confréries, hôpitaux, ermitages, églises et chapelles :

— Sanguesa : église Santa Maria de Rocamador et retable majeur statue.
— Estella : église Nostra Dame de Rocamador, ancienne confrérie et hôpital.
— Logroño : ancien hôpital devenu civil était placé autrefois sous la protection de Notre-Dame de Rocamadour.
— Burgos : église Nostra Dame de Rocamador, paroisse saint Félix et saint Pierre.
— Palencia : ermitage.
— Hornillos del Camino : église san Martin, statue et ancien hôpital et refuge pour les pèlerins.
— Astorga : hôpital et statue.
— Camponayara (N.O de Pontferrada ) : hermitage
— Vitiriz.Peroxa : près de Melide, dernière étape avant Santiago, église santa Maria de Rocamador, statue.

Rocamadour et la fins des terres

Il est à noter que si le cap Finisterre espagnol est dédié à saint Jacques, le cap Finistère français est dédié à la Vierge de Rocamadour.

C’est à la pointe de Camaret, qu’Henry Plantagenêt pèlerin du Sanctuaire fit bâtir une chapelle dédiée à la Vierge de Rocamadour, départ de la voie maritime vers saint Jacques.

En 1534, Jacques Cartier découvreur du Canada invoqua la Vierge de Rocamadour devenue au fil du temps la protectrice des marins.

Le culte à la vierge de Rocamadour est lié aux récits épiques qui mêlent les combats de Roland à ceux du Cid et saint Jacques Matamoros.

Développement des cultes à Saint-Jacques et à la Vierge de Rocamadour

Si la dévotion de la vierge noire de Rocamadour s’implante sur le chemin de saint Jacques en Espagne, celle de saint Jacques s’implante sur le chemin en France en particulier sur celui de Rocamadour .

Ainsi les pèlerins allant à Compostelle n’hésitent pas à se détourner du droit chemin Des Voies du Puy et du Vézelay pour aller prier à tout prix Notre Dame de Rocamadour. C’est ce que confirme Etienne ll prieur de la Domerie d’Aubrac, affirmant que les pèlerins, venant du Puy et y faisant halte, préféraient bien souvent mettre le cap sur le haut lieu sacré du Quercy, plutôt qu’emprunter la voie directe vers Cahors et Moissac.

Si le Cid selon la légende va prier la vierge de Rocamadour à Palencia, Roland de passage à Rocamadour avant d’aller combattre les infidèles, aurait offert une quantité d’or égale au poids de Durandal sa célèbre épée.

Avant de mourir il aurait lancé son épée pour qu’elle échappe aux Sarrasins, prise en charge par des anges, elle serait venue se ficher dans le mur du chauffoir des moines amadouriens. Une autre version raconte que ce sont ses compagnons d’armes qui portent son épée à Rocamadour.

Les chrétiens se doivent d’aller vénérer le corps de Roland à Blaye et son épée à Rocamadour.  Ainsi la légende carolingienne de Charlemagne et de Roland (un des mythes fondateurs du Camino) et les pérégrinations vers Compostelle et Rocamadour sont étroitement liées.

En 1433, après les désastres de la guerre de 100 ans, une supplique envoyée au Pape par le Recteur du sanctuaire (pour relancer le pèlerinage) rappelle, que Rocamadour… est sur le chemin de saint Jacques.

Ce va-et-vient de pèlerins allant vers Compostelle et Rocamadour, va dessiner un chemin de Pèlerinage, qui va mêler le culte de la vierge de Rocamadour à celui de saint Jacques ; comme à Salviac où la chapelle de Notre-Dame de l’Olm sur l’ancien « camin romieu » est sous la double protection de la vierge et de saint Jacques.

Il est à noter que c’est sur la voie de Rocamadour allant vers Compostelle, que seront implantées les quatre églises saint Jacques du haut Quercy (Lot) : à Grèzes, Calés, Salviac et Pomarède.

La croix de Carlucet

Les traces du chemin de Compostelle sont très nombreuses sur la « Voie de Rocamadour ».

Ainsi, la croix de Carlucet rappelle la croix d’Oviedo, symbole de la Reconquista (le christ a deux boulets pendant sous ses bras représentant l’Alpha et l’Oméga ). Cette croix était portée par Alphonse ll, roi des Asturies et participe sur le Camino aux récits légendaires de la victoire des chrétiens et des Wisigoths sur les musulmans.

Cette représentation symbolique de la croix empruntée aux byzantins ornera sous forme de miniature la première page de nombreux manuscrits traitant de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Alain Faucon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>