Dans l’ombre de saint Jacques

L’ombre de saint Jacques, réalisée par le sculpteur Alain Meignien

« Le saint Jacques de Rocamadour ». C’est ainsi que le sculpteur Alain Meignien a appelé son Saint Jacques créé spécialement pour Rocamadour.

Cette statue en fer d’un mètre de haut pesant 10 kg a été installée pour fêter la saint Jacques au-dessus du grand escalier des pèlerins le 24 juillet 2011 : elle a été bénite à l’issu de vêpres solennelles par l’abbé Ronan de Gouvello.

Spécialiste de sculptures en fer à partir d’objets détournés, Alain Meignien, artiste lorrain, s’est fait une réputation internationale au travers de nombreuses expositions.

Pour Rocamadour, il a été confronté au défi suivant : parmi les nombreuses représentations du saint comment figurer saint Jacques au 21 ème siècle

Il a choisi l’ombre de Saint Jacques, inspirée des silhouettes étirées produites par l’ombre des pèlerins sur le Camino, que l’on peut voir sous le soleil dans la Meseta.

Saint Jacques est ici évoqué. On le devine plus qu’on ne le voit. Il a tous ses attributs : coquilles au chapeau et sur le manteau, le bourdon et la calebasse, son grand manteau flotte au vent et donne une allure dynamique. Le port de tête est altier, son chapeau et sa barbiche lui donnent un air hispanique.

Des objets symboliques complètent cette évocation. A ses pieds, une serrure (saint Jacques est la clef du chemin), un petit bouclier sur l’épaule gauche (pour les combats menés en son nom).

Son bourdon est surmonté d’une sportelle (médaille des pèlerins de Rocamadour) pour rappeler que Notre-Dame de Rocamadour a accompagné les pèlerins depuis 1000 ans et les a protégés au travers des ermitages, des hôpitaux, des chapelles et des églises portant son nom tout au long du Camino en Espagne.

3 réflexions au sujet de « Dans l’ombre de saint Jacques »

  1. Photo page de droite. Image de confrérie : saint Jacques vénéré par ses pèlerins tandis que se déroule à 1 arrière-plan le miracle du Pendu Dépendu, paradigme et parabole de l’aventure pèlerine. Bois gravé troyen. XVII s. Collection J. Warcollier.

  2. Ces affirmations n’étaient-elles dues qu’à l’enthousiasme suscité par la réalisation d’une exposition de qualité ? Sur quoi s’appuyait-il ? Essentiellement sur des travaux d’histoire hospitalière [5] qui faisaient souvent ressortir des dispositions spéciales prises pour les pèlerins dans de nombreux établissements, où les pèlerins, mêlés à « tous les pauvres voyageurs [étaient hébergés] pendant trois jours et même davantage » si le temps était trop mauvais, d’après une tradition évoquée à Issoudun en 1502 [6] ou, plus tard, à Cadillac-sur-Garonne qui réservait « six lits pour les pauvres pèlerins, passants nécessiteux ». Le grand mot de « réseau » lancé, les chercheurs passionnés de saint Jacques, désireux de trouver ces millions de pèlerins que René de La Coste leur offrait, se sont jetés sur cette manne hospitalière, se sentant autorisés à affirmer que toute mention de « pèlerin » ne pouvait concerner qu’un pèlerin de Compostelle… De proche en proche, certains en sont venus à croire que ces hôpitaux étaient remplis de pèlerins de Compostelle, à l’exclusion de toute autre personne… En 1978 au colloque de Fanjeaux Assistance et charité, René de La Coste ajoutait à la confusion en soulignant combien « histoire des pèlerinages, en particulier celui de Compostelle, et histoire des établissements hospitaliers paraissent étroitement liés ». Et il ajoutait avec une certaine clairvoyance : « il ne nous échappe pas que le vocable Saint-Jacques ne suffisait pas à décerner une vocation pèlerine aux établissements en question, mais il a cependant valeur indicative ». Il pressentait donc bien que tous les hôpitaux Saint-Jacques n’avaient pas été fondés pour des pèlerins de Compostelle mais cette précaution arrivait trop tard. Beaucoup d’historiens amateurs avaient ignoré son appel à la recherche de 1965, s’en dispensant pour affirmer que tout hôpital Saint-Jacques, voire tout hôpital n’existait que par la grâce de Compostelle.

    • intéressant ,mais nous nous parlons de hopîtaux sous la protection de Notre Dame de Rocamadour ,dans la péninsule Ibérique. cordialement Alain