De Rocamadour à Compostelle, une fin et un début

Nous voilà tous revenus dans nos foyers et nous essayons de raccrocher les « wagons » de notre train-train quotidien. Comme nous étions montés si haut, l’atterrissage se fait dans un léger brouillard.

Certains d’entre nous sont encore sur un petit nuage, on se téléphone. Le cordon invisible de l’amitié est difficile à couper ! Mais faut-il le couper ?

Nous, les organisateurs nous refaisons l’aventure dans nos têtes : « »Là on aurait pu faire mieux… Cette situation ou ce conflit on aurait pu l’éviter ! Et si notre évêque avait eu son avion, la messe aurait été encore plus belle.. On repense aux abandons en cours de route : ceux de Rémy, de Daniel. Et le retour par bateau qui ne s’est pas fait… Je n’ai pas accordé suffisamment d’attention à celui-ci, à celle-là… »

La liste de l’inventaire de nos insatisfactions est longue… Tout cela est certainement vrai, mais nous ne sommes que des hommes et des femmes pèlerins de la vie, avec notre fardeau d’erreurs, de fierté mal placée, de certitudes et d’incapacités… et de mesquineries.

Et le chemin fait son travail… rien ne s’est passé exactement comme nous l’avions prévu, mais le plus souvent ce fut mieux que nous l’avions imaginé !

Les objectifs sont atteints, la mission est accomplie, le succès est là, mais on aurait voulu le parfait, le nickel-chrome quoi !

Et du coup on en oublierait l’essentiel : le bien et le beau que nous avons semé tout au long du chemin. Je repense à tous ces gens qui, en France, nous ont accompagnés, accueillis… Je me remémore tous ces moments d’émotion partagée, de convivialité, de fraternité. C’était beau, c’était grand !

Et l’Espagne ! Ces arrivées dans les petits villages, ces cérémonies, ces amis de Saint jacques qui nous ont accompagnés tout au long du Camino ! La dévotion et toute l’Espérance que nous avons apportées à ces populations ! C’était beau, c’était grand !

Qui aurait pu penser que notre projet aurait un tel soutien : du diocèse, de la ville de Rocamadour, de la Société Française des amis de saint Jacques, de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, des médias comme l’hebdomadaire Pèlerin.

Alors de tout cela rendons grâce à Celle qui fut avec nous « la première en chemin… ». Soyons fiers d’avoir marché pour Elle, sûrs qu’avec Elle, même les zones d’ombre ont du sens et peuvent servir une œuvre encore plus grande !

Et la suite alors ?

Faut il s’arrêter là ? Comme nous l’ont dit le Père Ronan et Antolin de Cela (de Ponferrada) : « Ce pèlerinage à pied que vous avez fait, par sa dimension spirituelle en cette année Sainte, par sa dimension culturelle (travail historique sur les lieux de dévotion à la Vierge de Notre Dame de Rocamadour, travail de mémoire en cherchant et en allant sur les lieux aujourd’hui disparus du sanctuaire Marial), par sa dimension humaine à travers les rencontres avec les populations, n’est pas une fin mais le début d’un autre projet. Ce pèlerinage est en quelque sorte un acte fondateur ! »

Nous avons crée des liens forts avec les amis de saint Jacques en Espagne, avec les villes et villages où le culte de la Vierge de Rocamadour est vivace, avec d’autres sanctuaires comme L’Encina de Ponferrada !

Cette histoire, retracée dans ce blog, va rester en ligne. Nous nous ferons ici l’écho des retombées de notre pèlerinage (photos, articles etc.).

Puis, au printemps, nous ferons une fête à Rocamadour pour nous raconter encore une fois cette histoire partagée. Nous accueillerons les amis de saint Jacques en Leon pour une marche d’une semaine sur le chemin de Rocamadour.

Nous envisageons, cet été, de faire un mur d’images sur Rocamadour (avec les photos de tous) pour raconter Rocamadour –Compostelle 2010 aux visiteurs et à la population. Et nous réfléchissons à un accueil des pèlerins sur le sanctuaire

Autre questions : comment structurer maintenant le rayonnement du sanctuaire et de son chemin, qui  autrefois était la mission de la confrérie des pèlerins de Notre-Dame de Rocamadour sur les autres grands chemins de pèlerinages, chez les gens de Mer.

Vous le voyez, le pèlerinage Rocamadour Compostelle 2010 n’est pas la fin mais le début de l’histoire.

Alain Faucon

Une réflexion au sujet de « De Rocamadour à Compostelle, une fin et un début »

  1. Quel moment inoubliable que ce bout de chemin avec Notre Dame et vous tous entre Eauze et Manciet;je vous garde tous dans mon coeur et ma prière et que 2011 soit rempli de merveilles plus grandes encore.Fraternellement: soeur Marie Renée de la Providence